Un week-end à la campagne
- fredvassort2000
- 24 sept. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 30 sept. 2023
Premier Samedi à Kathmandu
Le seul jour ferié de la semaine. En effet, les Népalais (mais pas nous…) travaillent le Dimanche. La ville est donc plus calme aujourd’hui. Nous décidons de visiter un des incontournables pour expats parait-il, un petit marché bio, et vente de produits locaux. C’est situé un peu au nord de chez nous, dans un espace jouxtant un restaurant. Se juxtaposent des étales de fruits et légumes (bio, ça va sans dire), de boulangerie, de produits cuisinés de toutes sortes, entre lesquelles vaque la population essentiellement étrangère de Kathmandu. Une famille chinoise, quelques japonais, des européens, pas mal d’Indiens… Un peu bobo-land multiculturel, mais amusant.

On y rencontre des personnages atypiques comme ce Français installé au Népal depuis 17 ans qui vend des fromages (comté, brillat-savarin, yaourts , toute une palette !) faits notamment à base de lait de yak. Très bons, et exotisme garanti ! Une jeune sud-africaine noire, arrivée un peu par hasard au Népal, vend, elle, ses confitures. Très sympa.
Je suis toujours étonné de ces gens capables de tout plaquer et s’installer au bout du monde pour y monter un business. Parfois ils donnent l’impression de vivre de bouts de ficelles, mais parfois certains arrivent à créer des choses impressionnantes en contribuant non seulement à leur propre subsistance mais également à l’économie et la société locale.
Des petites échoppes plus luxueuses vendent des produits fabriqués localement, certains assez jolis, souvent assez chers aussi…mais c’est pour la bonne cause !
Nous décidons d’entamer notre quête pour acheter une voiture. Une famille danoise qui va quitter le pays dans quelques mois en vend une. Ca nous donne l’occasion d’aller à Latipur, la ville ratachée à Kathmandou située au sud de la rivère. Les hauteurs de la ville sont plus résidentielles que le centre, les ruelles un peu plus calmes. La famille en question habite une grande maison entourée d’un joli jardin. Ces pays étant le terrain de jeux des grandes institutions internationales et des grandes ONG, Véro s’aperçoit rapidement qu’elle connait la famille danoise en question (elle travaille pour US Aid, lui pour une agence de l’ONU), par l’intermédiaire d’anciens de l’Uganda,où elle a vécu. Le monde des programmes de développement internationaux est petit.
Puisque nous sommes là, nous visitons le centre historique, Patan, un des trois grands centres historiques de la vallée de Kathmandou, classé au patrimoine mondial de l’UNESCO. Joyau de l’architecture Newar (caractérisée par ses mélanges de briques et de poutres de bois noir richement sculpté), datant des 12-13eme siècles, ces temples et palais furent durement touchés par le tremblement de terre de 2015. Même si l’on voit encore quelques échafaudages, le travail de reconstruction effectué est remarquable.


La richesse des frises, la finesse des fenêtres sculptées est extraordinaire. Alors que l’extèrieur est animé du bruit et de la cohue locale habituelle, les cours des ces palais, sont empruntes d’une quiétude reposante et bienvenue.
Ce premier passage est rapide, mais nous reviendrons, ce n’est qu’une première exploration.

Continuant notre exploration du sud de l’agglomération, nous en gagnons la bordure, où les montagnes commencent à s’élever et ferment la cuvette de Kathmandou. Nous avions identifé sur la carte un parc botanique. Nous y arrivons en effet, au milieu de dizaines de familles et de jeunes Népalais, dont c’est visiblement la sortie du Dimanche (enfin…Samedi pour eux).

L’endroit est un vaste espace boisé, sorte de jungle domestiquée, entrecoupé d’espaces dédiés à certaines espèces, de petites serres. Le tout accroché à coteau de montagne qui monte un peu au dessus de 2000m, couvert de jungle, barré de nuages flemmardant à ses flans. Peu de fleurs à cette saison, mais des arbres magnifiques, que nous peinons souvent à reconnaitre, cette nature tropicale de montagne nous étant assez étrangère. L’observation de la jeunesse népalaise nous occupe tout autant que celle de la flore locale ! Les jeunes partagent avec ceux du monde entier leur obsession pour leur téléphone, il y a embouteillage devant les endroits instagramables ou les filles prennent la pose, et les garçons rigolent. Des groupes de femmes en sari dansent façon bolywood. Tout cela dégage une atmosphère, certes pas de la plus grande quiétude à laquelle on s’attendait dans un jardin botanique, mais joyeuse et bon enfant.
Les premières goutes de la pluie du soir s’annoncent et nous poussent vers la sortie.
Changement d’ambiance pour le dîner, nous allons dans un restaurant « fusion » de l’hotel Mariott juste à côté de la maison. Le trajet à pieds de quelques centaines de mètres n’est pas de tout repos, comme d’habitude ici. Enjambant les nids de poule (ou plutôt de dinosaures vu la taille), évitant les cables électriques qui trainent à hauteur d’homme, descendant, puis remontant sur ce qui sert de trottoir, nous devons traverser un carrefour (sans feu rouge, il n’y en a presque aucun ici). Encore une fois, fermer les yeux, croire très fort en Shiva et toute la mythologie hindou, penser à Budha, ça peut toujours servir au cas où, et avancer au milieu du trafic en espérant que les motos et bus aient bien compris nos intentions. Ca marche …la plupart du temps parait-il…
Contraste de ces pays, ce restaurant est un temple de modernité, réplique en miniature de ce que l’on trouve à Singapour, Dubai, ou New York . Une DJ népalaise en mini-jupe hyper lookée assure l’ambiance. Très bien d’ailleurs. Délicieux dîner très tendance, fusion de différents styles asiatiques, parfaitement servis par un jeune Népalais très bien formé.




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