Arrivée à Kathmandu !
- fredvassort2000
- 24 sept. 2023
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 oct. 2023
À la fois longuement préparé, et finalement assez précipité, ce départ que nous avions envisagé comme peu probable, vers une destination inconnue il y a seulement un an, se concrétise aujourd’hui.
Ces derniers mois furent intenses, la clôture de deux pages de vies combinées (celle de Véro et la mienne), tant au niveau personnel que professionnel , plus la création d’un projet commun dans le sud de la France, nous ont occupés plus qu’il ne fallait ces derniers temps.
Mais là, ça y est, départ. Nous nous lançons, en ayant un peu l’impression que c’est un pas en avant sans vraiment savoir comment faire le suivant, mais avec confiance ! Confiance dans notre capacité d’adaptation, tant Véro que moi (surtout Véro d’ailleurs) avons vécu quelques dizaines de déménagements, des changements de pays, de job, sur tous les continents, donc…à Dieu va !
Vol via Istambul qui aurait pu être assez perturbé par l’énorme orage qui sévissait sur la Turquie, mais notre pilote était à son affaire, le temps que les éléments se calment, nous repartons avec juste 2h de retard vers Kathmandou.
Quelle destination improbable. Voir le nom sur le panneau d’affichage des vols nous laisse toujours ce sentiment d’être presque étrangers à toute cette histoire, une « out of body experience ».
Petit matin, arrivée au dessus du Népal. J’ai peu dormi dans cet avion peuplé presque exclusivement de Népalais rentrant chez eux. Nous nous faisons la remarque que c’est vraiment un melting pot de tout ce que l’Asie peut offrir : du type mongol jusqu’à l’indien, et tous les mélanges possibles intermédiaires.
Au dessus des nuages à l’horizon s’avancent les hautes cimes enneigées de l’Himalaya. Même vue de loin d’un avion volant à 10.000m, cette barrière blanche floue dans la brume impose sa puissance altière.

Emotion de ce premier aperçu, qui ne dure pas. Bientôt se succèdent les montagnes verdoyantes sillonnées d’un réseau complexe de rivières grises qui coulent vers les grandes plaines indiennes. Nous nous collons à la vitre, impressionnés par ce paysage chaotique et en même temps apaisant par l’exubérance de sa nature.

Le moindre replat des vallées est couvert de ce que l’on devine être des rizières, les flancs des collines dont on ne sait si on ne devrait les appeler plutôt des montagnes tant elles sont escarpées, sont eux couverts de forêts. Par moment, des carrières ou des éboulements apportent une tache grise qui s’effondre dans le vert de la vallée.
Puis l’on distingue les premiers villages et les maisons dispersées même sur les pentes les plus abruptes. L’homme, ici aussi a tenu à aller s’accrocher au moindre arpent de terrain. Les montagnes forment une cuvette, déjà emplie d’une brume un peu sale, voici Kathmandou qui s’étale devant nous.


L’avion se pose presque au milieu des habitations, dans un aéroport provincial, comme on n’en fait plus, semblé figé dans une époque pre-mondialisation. Tant mieux nous disons nous, quitte à venir habiter dans un des pays les plus enclavés du monde, autant ne pas y retrouver les stigmates standardisés omniprésents partout ailleurs de la merchandisation de notre monde.
La porte s’ouvre, nous émergeons dans une chaleur déjà forte à 7h du matin. Protocole réservé aux diplomates, nous sommes accueillis en VIP par la numero deux de l’ambassade et son staff, ainsi qu’un délégué du protocole du gouvernement Népalais.
Nous voici dans l’ambiance diplomatique qui constituera au moins l’univers professionnel de Véro, et débordera peut-être un peu sur notre vie privée également, c’est la nature du rôle.
Une valise égarée et une longue attente plus tard, nous voici dans la voiture de l’ambassade, drapeau européen au vent, nous faufilant dans les petites rues tortueuses de Kathmandou.
Tout de suite, étrange impression de se couler dans un univers non pas familier, mais certainement émanant des effluves connues, faisant écho à des souvenirs ou des expériences vécues.
Les rues étroites où zigzaguent les motos chargées de 3 passagers, les vélos portant des bonbonnes d’eau sur leurs flancs, les femmes en sari que l’on aperçoit ici et là, les petites échoppes dont le bric a brac déborde sur le trottoir, tout ceci et bien d’autres signes fugaces que nous percevons intuitivement nous signalent le retour à des pages de vie antérieures, sous d’autres cieux certes, mais pas si distants.
Une artère un peu plus large que les autres, un petit temple et sa pièce d’eau saumatre, une petite étendue herbeuse faisant office de place, et nous voici nous engageant dans une étroite ruelle, c’est ici. Nous voici à la porte de notre nouvelle maison pour les trois prochaines années. Deux gardes nous saluent martialement…il va falloir s’habituer.


La maison que nous avions déjà vue en photos s’ouvre sur un petit jardin tropical très verdoyant, encadré par deux corps de bâtiments en briques et poutres sculptées en bois sombre. Exactement conforme à l’idée que je m’en faisais. Un joli havre de paix dans cette ville assez chaotique.
Nous visitons rapidement, accueillis par Sonali et Seema, qui s’occupent de la maison.

Première visite au bureau de Véronique, la délégation européenne, située à une dizaine de minutes en voiture de la maison. Jolie enclave elle aussi verdoyante dans un quartier calme. Une maison faisant office de bureau. Toute son équipe est là pour à la fois l’accueillir et évidemment se faire une première impression de cette nouvelle cheffe qui arrive ! Ambiance bon enfant et assez détendue.
Passage au supermarché local (« les galeries Lafayette » nous explique Joëlle, la bras doit -française évidemment- de Veronique !) pour s’approvisionner. Là aussi, les effluves, les couleurs, la désorganisation gentillement chaotique de l’endroit, nous ramènent tous deux vers des rivages mémoriels vaguement familiers. Etranger certes, mais pas totalement inconnu.
Retour à la maison au terme de cette première journée népalaise, où nous flottons donc dans un sentiment d’entre-deux, à la fois d’être arrivés à destination de ce projet qui nous semblait encore assez impalpable il y a quelques jours, d’exotisme bien sur, et en même temps émanant des ondes familières.




j adore l'écriture... plaisir de lire vos émotions et ressentis. La lumière des photos est aussi étonnante. merci nous aussi on voyage grâce à vous.