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Premières explorations citadines

  • fredvassort2000
  • 24 sept. 2023
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 30 sept. 2023

Premier réveil, petit déjeuner dehors dans notre nouveau port d’attache. Quel bonheur de pouvoir profiter de ce petit havre tropical, de la chaleur de cette fin de période de mousson, de la verdure environnante dans cette ville pourtant une des plus polluée au monde. Assiette de fruits frais pour le petit déjeuner, préparée par notre cuisinière : un luxe auquel nous allons certainement très vite nous habituer.

Véronique part pour le bureau avec la voiture « officielle ». Je l’accompagne, et décide de rentrer à pieds, pour découvrir le quartier.

Je me perds, plus ou moins exprès dans les petites ruelles que j’ai décidé d’emprunter en quittant l’artère principale trop bruyante et passante à mon gout. D’emblée, et ce sera certainement le cas de nombreuses fois dans ces pages, chaleureux remerciements aux dieux de la technologie qui permettent de se localiser sur son téléphone même dans les endroits les moins courus de la planète comme ici : Google Maps guide mes pas.


Hors des principales artères, les ruelles sont rapidement en terre battue, ou plutôt en boue car la pluie de mousson de cette nuit y a laissé ses flaques un peu partout. La population locale se dirige vers son travail, qui en sari, qui en vêtement occidental. Les livreurs, à vélo ou mobilette, portent des bonbones de gaz, des paniers de fruits et légumes, à califourchon instable sur leur monture.


Parfois une voiture s’engage dans ces boyaux, il faut se coller à la palissade pour la laisser passer. Les petites maisons entourées d’un peu de végétation, les petits immeubles en briques ou béton dégoulinant de traces d’humidité alternent dans un chaos très asiatique avec quelques essais (souvent peu concluants !) de buildings modernes en verre coloré.

Le nez au vent et l’œil sur mon téléphone (mais visiblement pas suffisamment), je me retrouve après quelques changements de direction…à mon point de départ, devant la délégation européenne que je reconnais à ses fresques murales et son drapeau ! Prenons ça pour un signe auspicieux.



A défaut de Google, les nombreux dieux locaux ont guidé mes pas vers un de deux seuls endoits que je connais dans cette ville. C’est donc reparti, en faisant plus attention à ma navigation cette fois.


Passage devant une clinique du rein, dans un immeuble de bureaux pas très engageant : j’espère que mes affaires prospereront suffisamment pour ne pas avoir à y revenir faire un don d’organe !



Un petit restaurant dans un jardin agrémenté de petits fanions népalais : à noter pour y revenir (si je le retrouve !).

Les chiens errants locaux vaquent eux aussi avec une nonchalance non feinte, ou s’étalent même parfois de toute leur longueur sur le béton chaud du trottoir (ou ce qui en fait office). On ne se risquera pas à les caresser, ils semblent héberger toute la poussière du monde, et surement toute une population de parasites peu engageante.

Une étale de boucher en plein air offre au passant sa barbaque exposée sur des planches. Vous me mettrez un fillet bien cuit au soleil s’il vous plait…je préfère passer mon chemin.


Comme partout en Asie, on ne risque pas de se trouver à jeun. Les petites échoppes alternant les momos (les dumplings locaux), les biscuits emballés de papiers colorés, et les diverses « street food » abondent à chaque détour.

Je m’attendais, seul Européen déambulant dans ces quartiers à l’écart du tourisme, à être dévisagé comme un marsien, mais non, les gens passent leur route sans donner l’impression de me remarquer. Tant mieux.

Les tailleurs profitent de la moindre minuscule échoppe pour installer une machine à coudre et des rouleaux d’étoffe colorées. Bon à savoir si j’ai besoin d’un costume neuf !

Je passe devant l’académie de police gardée par des militaires en armes, où paradent des sections de jeunes cadets en uniformes rutilants.

De retour sur de plus grands axes, que je dois plusieurs fois traverser. Inutile d’attendre le feu rouge, il n’y en a pas. Il faut profiter d’un ralentissement de flux du trafic pour se jeter, et faire confiance, tant à l’habileté des conducteurs, qu’à son kahrma…les mobilettes et voitures semblent s’arreter par miracle dans un concert de klaxons pour me laisser passer.



Un marché tout proche de la maison offre ses légumes en étales colorées. Beaucoup de petites tomates, des courgettes, des choux de toutes sortes, des piments bien sur, et quelques espèces inconnues que nous essayerons plus tard. Les chats se faufilent dans les jambes des vendeuses pour grapiller ici ou là un reste de fruit.





Un temple, édifice en briques et bois (dont l’architecture de notre maison est inspirée) est érigé à un carrefour, près d’un petit plan d’eau aux effluves douteuses. Un amas de décombres à côté est-il encore un vestige du tremblement de terre de 2015 ?


Miracle de la géolocalisation, j’arrive à la maison pour une pause bienvenue, car la chaleur de cette fin d’été commence à monter. L’humidité de la mousson se fait sentir et nécessite de beaucoup s’hydrater.

Notre cuisinière semble spécialiste des petites salades crues délicieuses. Elle est toute fière dans sa veste blanche de cheffe cuisto.


Je repars dans mon exploration pédestre. Le sud de notre quartier est plus urbain, traversé de grands axes bruyants. Je me dirige, en essayant de les éviter, à travers le réseau de ruelles qui court de l’un à l’autre. Parfois, certains de ces boyaux me font revenir sur mes pas, ou s’arretent abruptement. Je débouche sur un petit parc encadrant une pièce d’eau.

Des étudiants flanent sur ses bords, ca doit être le jardin du Luxembourg du Quartier Latin local. Le quartier est peuplé d’écoles privées et d’agences proposant leurs services pour étudier à l’étranger. Les petits bars se succèdent, où des jeunes sont attablés.




J’arrive dans un shopping mall établi dans un immeuble sans fard. Boutiques faussement modernes, singeant les immenses temples de shopping que l’on trouve à Singapour, Shanghai et Bangkok. Le tout couronné, au dernier étage d’un petit complexe de cinémas, de fast foods, et d’un bowling attirant la jeunesse locale, même en plein après-midi un jour de semaine. J’apprécie les affiches des films proposés, essentiellement du Bollywood indien !

C'est de bonne augure pour ma reconversion en star de bollywood dancing.





De retour dans la rue, je longe de nouveau un grand axe Nord-Sud, celui-ci semble-t-il spécialisé dans les échoppes des métiers de la construction. Peintures, chassis de fenêtres, quincaillerie en tous genres, tout ce qui nous fallait pour équiper la maison du sud de la France ! Un cycliste en panne répare son antique vélo en tapant dessus comme un sourd avec un marteau, le système D règne.



Mes pas me mènent vers un grand parc qui formait une grande tache verte sur la carte. Un guichet vend des billets à 50 Ruhpies (30c). Je me fends donc de ce droit de passage, pour découvrir le soit-disant mémorial de la République Népalaise. L’enthousiasme grandiloquent des affiches contraste quelque peu avec la vague esplanade bétonnée entourée de talus mal entretenus. La République Népalaise doit avoir mieux à offrir, espérons !



De retour dans la direction de la maison, en face de l’ambassade chinoise (grand bâtiment….chinois au toit de tuiles vertes vernissées), je passe devant un « boutique hotel » situé dans une maison type colonial (bien que le Népal n’ait jamais été colonisé), qui ne dépareillerait pas sur la côte normande ou basque.











Véro, de retour de sa première journée de travail, me rejoint en début de soirée à la maison. La nuit tombe toujours à 18h30, donc les soirées, même en été, sont nocturnes. Nous allons faire quelques pas dans le quartier. Le petit parc en face de chez nous est peuplé de familles qui flanent sur l’herbe, et de jeunes qui montrent leurs muscles sur les agrès de sport en bordure du parc. Petit tour sur le marché toujours ouvert. Nous faisons affaire avec une vendeuse, pour des fruits que nous ne connaissons pas (on en fait du chutney parait-il. En faits nous découvrirons qu’ils ne sont pas murs).

Alors que l’air s’épaissit d’une moiteur annonçant la pluie, nous décidons une étape dans le restaurant/bar jouxtant presque la maison, et y sommes accueillis par un serveur népalais parlant un anglais américanisé, très démonstratif. Il a flairé les clients occidentaux à fidéliser. Une bière locale plus tard, l’orage de mousson se déclenche, des trombes tombent sans discontinuer pendant deux heures et nous contraignent à rentrer à la maison sous un grand parapluie nous protégeant à peine.

Fin de soirée sous la terrasse, à l’abris, profitant de la relative fraicheur de ces soirées tropicales de saison des pluies.

 
 
 

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Népal: récit de voyage

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