Un lodge allemand, un monastère tibétain et un tigre
- fredvassort2000
- 30 sept. 2023
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 oct. 2023
Grand départ ce matin pour quitter la ville. Nous visons, modestement, une escapade en voiture de 45km, vers un lieu qui nous a été recommandé, dans les premières montagnes au-delà de la vallée de Kathmandou.
Première surprise, le Dimanche n’etant pas férié,nous voici pris dans les embouteillages de l’heure de pointe. Les entrées de la ville sont des boyaux à peine plus grands que les autres, et celui que nous devons emprunter se trouve obstrué par un camion qui change sa roue…patience.
Enfin sortis de la ville, nous naviguons dans une circulation toujours très dense et chaotique, à travers une banlieue qui semble n’en pas finir, faite de constructions sans charme ni aucune cohérence, suprenement parsemée par-ci par-là de rizières et de petites parcelles de maïs, coincées entre des immeubles. La ville grignote inexorablement la campagne, c’est une sorte d’entre deux étrange d’urbanisme incontrolé assez dilapidé et de paysages agricoles, entrecoupés de routes crachant leur bruit et leur gaz d’échappement. Le Népal offre ici son visage de pays en développement avec toutes ses cicatrices.

Des échoppes vendant littéralement de tout, des pneus, des paniers en osier, des légumes, des pompes à eau, des sandales en plastique, des téléphones portables….s’alignent le long de la route…ponctuée de l’inévitable et maintenant coutumier boucher en plein air.

Bientôt, enfin, les banlieues s’éclaircissent à la faveur d’un embranchement et nous nous engageons dans une vallée fertile dont le vert des rizières est presque aveuglant.
Les montagnes environnantes sont abruptes mais toujours couvertes de cette foret tropicale surprenante pour nous à ces altitudes de presque 2000m.
La route continue de grimper, plus raide, plus tournante. Ce n’est d’évidence pas un pays de sprinters mais de grimpeurs ! Notre chauffeur fait des miracles pour diriger la voiture au gré des courbes entre les ornières en évitant les camions qui descendent à contre sens.
Enfin, la crète se dessine, parée à l’une de ses extrémités d’un énorme temple rutilant au toit doré. Nous apprendrons que c’est l’un des 3 plus grands centres de pèlerinage boudhiste du Nepal, en mémoire de Budha qui s’y serait volontairement laisser dévorer par un tigre à jeun (le tigre, pas Budha). La méditation permet des exploits qu’on ne soupçonne pas.

Nous nous sommes arrétés à un petit resort perché sur le sommet opposé de la crête, dominant deux vallées, fait de petites maisons en pierres, bois sculpté et toits de lauzes charmantes. Niché au sein de petits jardins de fleurs et de légumes, ce petit havre de paix a été construit de toutes pièces par un couple d’Allemands qui y a acheté 10ha dans les années 90.Une installation permanente , une guerre civile, un tremblement de terre, 2 ans de Covid, et 30 ans plus tard, ce qu’ils ont maintenant entre les mains est magnifique. La vue est dominante, avec parait-il un horizon qui se dégage sur l’Himalaya enneigé pendant la saison sèche. Aujourd’hui, les montagnes sont parées de lourds nuages, mais on imagine bien le spectacle.

Nous descendons à pieds la crête pour visiter le monastère, ou nous croisons quelques moines tibétains (il y aurait en faits 250 en résidence ici). Tigre dévoreur de Budha ou pas, on ne peut qu’être saisi par la spiritualité du lieu. Les tigres ont bon goût et savent choisir le lieu de leur festin.
Les nuages s’accumulant de façon vraiment menaçante sur les montagnes, nous reprenons la route pour rescendre via l’autre vallée. Route est un grand mot. Nous bénissons notre chauffeur et notre véhicule 4x4. La saison des pluies fait des ravages sur ces contrées escarpées ou le bitume est emportée semble-t-il à chaque pluie. Le versant n’est jamais loin, parfois vraiment pas loin !
Là encore, croire en son kharma.
Enfin de retour dans la vallée, nous entammons la longue migration de retour vers Kathmandou à travers ces villes sans âme ni structure (pourtant joyaux de la civilisation Newar il y a 800 ans…comme quoi rien n’est éternel), décidémmment pas le fort du Népal.
45km en 2h, la moyenne est semble-t-il dans la norme de ce qu’il faut compter ici. Nous nous faufilons à travers la circulation nocturne pour retrouver la maison,un havre de paix vraiment bienvenu.
Nous avons maintenant un aperçu des merveilles de la campagne et moyenne montagne Népalaise, de la simple bienveillance de sa population que nous avons commencé à croiser, mais aussi de la fatigue des villes. Etranges contrastes, tant dans les paysages que dans les sentiments.
Nous avons maintenant un peu mieux réalisé où nos pas nous ont menés, même si ce ne sont toujours que des impressions fugaces encore assez superficielles. Poursuivons cette découverte en nous immergeant un peu plus dans le pays, et espérons, au contact de ses habitants.




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